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« Les Nuits fauves », l’hymne à l’amour de l’écrivain et cinéaste Cyril Collard

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Cyril Collard et Romane Bohringer dans « Les Nuits Fauves » (1992), de Cyril Collard.

Retrouvez tous les épisodes de la série « Un film et puis rien » ici.

Durant les quinze premiers jours d’octobre 1992, un jeune homme, sourire en coin, regard rieur, belle gueule, enchaîne les plateaux de télévision et les studios de radio. Son film, Les Nuits fauves, est annoncé comme l’un des événements cinématographiques français de l’année. Cyril Collard s’est décidé à porter à l’écran son livre du même nom, sorti en 1989 chez Flammarion. Un roman, largement autobiographique, qui creuse à l’os la passion amoureuse et la quête du plaisir immédiat. L’histoire d’un garçon bisexuel et séropositif, à la fois promesse de vie et menace de mort.

Lire la critique (1992) :

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« Les Nuits fauves », premier film de Cyril Collard : le temps du sida et la force d’aimer

Une partie de la critique avait fraîchement accueilli l’ouvrage, l’autre l’avait éreinté. Son adaptation au cinéma sera une tout autre affaire. Sorti le 21 octobre 1992, Les Nuits fauves totalise 42 000 entrées dès la première semaine, ce n’est que le début. Il devient le film d’une génération, un manifeste pour toute une jeunesse qui ne sait plus très bien comment aimer. On en parle dans les lycées et les universités.

La critique cinéma, de son côté, s’emballe. « Un coup de poing au ventre, un baiser sur la bouche : ce film n’est pas comme les autres. Il réveille, il secoue, il étonne, il prend aux tripes et au cœur. Il fera date », peut-on lire dans Le Monde. « Un film brut, brutal, aussi important pour les années 1990 que pouvait l’être il y a vingt ans La Maman et la putain », dans Télérama. L’émission « Le Masque et la plume », sur France Inter, encense le film. Les Cahiers du cinéma lui consacre sa « une » d’octobre 1992. Les Nuits fauves trace droit sa route vers les Césars. La cérémonie est prévue le 18 mars 1993.

« Requiem »

Sept fois nommé, le long-métrage repartira avec quatre récompenses : meilleur film, meilleur première œuvre, meilleur espoir féminin pour Romane Bohringer, meilleur montage pour Lise Beaulieu. Plus que d’ordinaire, les larmes coulent, les voix s’étranglent. Sur la scène, Cyril Collard est absent, mort trois jours auparavant des suites du sida, à l’âge de 36 ans.

Comme l’a si justement résumé Fabrice Drouelle dans son émission « Affaires sensibles » (France Inter, 24 septembre 2019), « la cérémonie sera le requiem du réalisateur ». Les Nuits fauves son unique long-métrage. Son hymne à la vie ultime élan contre la mort.

Lire la nécrologie (1993) :

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La mort du cinéaste et romancier Cyril Collard Un parcours à perdre haleine

Geste impétueux, brûlant, qui filme la course lancée à tombeau ouvert d’un jeune homme, Jean, 30 ans, ivre d’un désir qu’il dispense sans préférence. Garçons ou filles, peu importe, pourvu qu’il y ait l’ivresse des étreintes. Que celles-ci se produisent avec des hommes de passage, sous les ponts de Paris et les étoiles. Ou au creux d’un lit avec cette adolescente de 17 ans, Laura (Romane Bohringer). La première fois qu’ils font l’amour, il tait sa séropositivité. Elle se croira contaminée, elle aura peur, le haïra, l’aimera plus encore. La passion comme à la guerre, les étreintes comme des combats.

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