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Au Niger, des milliers de partisans du régime militaire se rassemblent près de la base française à Niamey

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Des soutiens du régime militaire se rassemblent à Niamey, au NIger, le 11 août 2023, près de la base française où sont positionnés 1 500 soldats.

Des milliers de partisans du régime militaire issu d’un coup d’Etat au Niger se sont rassemblés vendredi 11 août près de la base militaire française à Niamey, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). « A bas la France, à bas la Cedeao », scandaient-ils au lendemain d’un sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à Abuja ayant donné son accord à une possible intervention militaire pour rétablir le président, Mohamed Bazoum, renversé le 26 juillet.

Depuis leur arrivée au pouvoir, les militaires ont pris la France – ex-puissance coloniale – pour cible privilégiée, l’accusant d’être, en sous-main, à l’origine de la décision de la Cedeao. Paris, allié du Niger avant le coup d’Etat et soutien indéfectible du président renversé, déploie dans ce pays 1 500 soldats engagés avec l’armée nigérienne dans la lutte contre les groupes djihadistes qui minent une grande partie du Sahel.

Le président du Nigeria, Bola Tinubu, a souligné qu’aucune option n’avait été écartée pour assurer un retour rapide à l’ordre constitutionnel au Niger, notamment l’usage, en dernier recours, de la force. Selon le président ivoirien Alassane Ouattara, dont le pays contribuera à cette force, elle devrait pouvoir intervenir « dans les plus brefs délais ». Les chefs d’état-major de la Cedeao se réuniront samedi au Ghana, a appris l’AFP vendredi de sources militaires régionales. La Cedeao a toutefois précisé qu’elle privilégiait une résolution pacifique de la crise.

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Les décisions de la Cedeao ont reçu le « plein soutien » de la France, ainsi que des Etats-Unis qui soutiennent « le leadership et le travail de la Cedeao » pour le « retour à l’ordre constitutionnel ». De son côté, le président de l’Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, a interpellé vendredi les putschistes à propos de « l’urgence de stopper l’escalade avec l’organisation régionale [de la Cedeao], la défiance à son égard et la poursuite de la séquestration du président [Bazoum] dans des conditions qui se dégradent de façon inquiétante ».

La menace d’intervention avait été brandie une première fois le 30 juillet par les dirigeants ouest-africains qui avaient lancé un ultimatum de sept jours aux militaires de Niamey pour rétablir le président Bazoum. Elle n’avait pas été suivie d’effet. Depuis, les nouveaux maîtres du Niger se sont montrés intransigeants en ayant refusé mardi d’accueillir une délégation conjointe de la Cedeao, de l’Union africaine et de l’ONU.

De nombreux responsables limogés

Juste avant le sommet d’Abuja, ils ont annoncé la formation d’un nouveau gouvernement dirigé par un premier ministre civil, dans lequel les militaires occupent les postes clés, dont ceux de la défense et de l’intérieur, qui s’est pour la première fois réuni vendredi. De nombreux responsables d’entreprises et d’administrations publiques ont été limogés.

Tous les pays d’Afrique de l’Ouest ne sont pas hostiles au nouveau pouvoir nigérien : le Mali et le Burkina Faso voisins, eux aussi dirigés par des militaires, ont affiché leur solidarité avec Niamey. Et la Russie, qui tire profit dans la région des sentiments de plus en plus marqués contre la France, s’est de nouveau prononcée vendredi contre toute intervention armée au Niger, qui « pourrait conduire à une confrontation prolongée dans ce pays africain ainsi qu’à une forte déstabilisation de la situation dans l’ensemble de la région du Sahara et du Sahel ».

Dans le même temps, plus de deux semaines après le coup d’Etat, les craintes grandissaient quant au sort réservé au président Mohamed Bazoum. L’Union européenne, l’Union africaine et l’ONU ont dénoncé « la détérioration des conditions de détention » de M. Bazoum, retenu prisonnier avec sa femme et son fils dans des circonstances « inhumaines » selon les Nations unies.

Le Monde avec AFP

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