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Un avocat et une journaliste violemment agressés à Grozny.

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La journaliste russe Elena Milachina après son agression à Grozny, en Tchétchénie, mardi 4 juillet 2023.

Les images parvenant de l’hôpital de Grozny, en Tchétchénie, trahissent la violence et l’acharnement : non contents d’avoir passé à tabac Elena Milachina, à coups de pied, de poing et de matraque, lui cassant plusieurs doigts et provoquant de multiples traumatismes crâniens, ses assaillants ont pris le temps de raser la tête de la journaliste et de l’asperger d’antiseptique vert. A côté d’elle, l’avocat Alexandre Nemov, également roué de coups, est assis dans un fauteuil roulant, la jambe transpercée par un couteau ou un poinçon.

Alexandre Nemov et Elena Milachina ont été attaqués, mardi 4 juillet, à Grozny. Le premier venait assister au verdict, attendu le jour même, d’une de ses clientes, une Tchétchène poursuivie pour des motifs politiques. La seconde l’accompagnait.

Un fait résume la personnalité et le courage d’Elena Milachina, 45 ans : au sein de la rédaction de Novaïa Gazeta, elle avait remplacé Anna Politkovskaïa dans la couverture du Caucase, après l’assassinat de cette dernière, en 2006, précisément pour son travail sur la Tchétchénie.

Malgré l’interdiction de Novaïa Gazeta (le journal, qui compte cinq assassinats dans ses rangs depuis vingt-cinq ans, continue d’exister mais sans autorisation de publier), Elena Milachina n’avait pas quitté la Russie comme nombre de ses collègues des médias indépendants, passés du statut d’indésirables à celui d’ennemis de l’Etat. Mardi, elle a perdu connaissance à plusieurs reprises.

« On vous avait prévenus »

Les assaillants ont aussi menacé de tuer la journaliste et l’avocat en pointant des armes sur leur tête, ont indiqué des représentants de l’ONG Memorial, elle aussi dissoute depuis décembre 2021. Avant de partir, ils ont détruit les documents et le matériel de la journaliste, et fini par lancer : « On vous avait prévenus. Partez d’ici et n’écrivez rien. »

Cette attaque n’est pas la première commise contre des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme sur le territoire de la Tchétchénie. Mais dans le passé, les autorités locales faisaient semblant de croire à l’hypothèse d’une agression crapuleuse, de droit commun. Désormais, cette précaution n’est plus jugée nécessaire. Les deux victimes étaient attendues sur la route reliant l’aéroport au centre de Grozny. Leurs agresseurs portaient des armes visibles et avaient formé un barrage avec trois véhicules.

Lire le décryptage (en 2021) : Article réservé à nos abonnés En Russie, la dissolution de l’ONG Memorial marque l’ampleur du recul démocratique de l’ère Poutine

Cette assurance est le résultat d’années d’impunité, depuis les simples agressions jusqu’aux meurtres d’Anna Politkovskaïa ou de l’opposant Boris Nemtsov, en 2015, en passant par les tortures d’homosexuels et les exécutions extrajudiciaires par dizaines. Jamais le Kremlin n’a prétendu ramener un semblant d’Etat de droit dans ce territoire.

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