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« Pas de problème policier en France, mais un problème judiciaire »

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Yassine Bouzrou,  dans son bureau à Paris, le 3 juillet 2023.

Dans les quartiers, son nom circule comme l’avocat à contacter lors de violences policières. Yassine Bouzrou avait joué son propre rôle dans Athena, le film de Romain Gavras, diffusé sur Netflix en 2022, qui mettait en scène une émeute urbaine. L’avocat estime être intervenu dans plus de 150 dossiers de violences policières depuis le début de sa carrière – commencée en 2008 avec l’affaire Abdoulaye Fofana, à Montfermeil (Seine-Saint-Denis), à l’origine du film Les Misérables, de Ladj Ly. Yassine Bouzrou est, aujourd’hui, l’un des avocats de la famille de Nahel M. à Nanterre ; il défend également la famille d’Adama Traoré, mort au cours d’une interpellation, en 2016, à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), ou celle de Zineb Redouane, morte après avoir été touchée par une grenade lacrymogène en marge d’une manifestation de « gilets jaunes » à Marseille, en 2018.

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Vous défendez la famille du jeune Nahel M., tué par un policier à Nanterre. Une semaine après les faits, quel regard portez-vous sur l’attitude de la justice ?

La chronologie est très importante. La famille apprend le décès de Nahel un peu avant 9 heures, la vidéo qui montre les circonstances du tir mortel circule très rapidement. Deux heures plus tard, ils entendent par les médias que leur fils est présenté comme un délinquant et que le policier auteur du tir n’a pas été placé en garde à vue. Ils entendent aussi le procureur annoncer une enquête pour tentative d’homicide sur le policier. L’attitude du parquet a été scandaleuse et irrespectueuse, c’est cela qui a rendu la famille folle de colère. La priorité du procureur n’est pas de placer en garde à vue une personne qui vient de commettre un homicide volontaire – quelle que soit l’appréciation qu’on peut ensuite porter sur son geste, cela doit être le premier acte de procédure – mais de commencer à criminaliser la victime. Cela s’appelle jeter de l’huile sur le feu. C’est, du reste, assez commun dans ces affaires où des sources font systématiquement fuiter des éléments des fichiers de police – rarement les casiers – en sachant qu’ils sont remplis d’erreurs et d’omissions.

Le policier a ensuite été mis en examen pour homicide volontaire et placé sous mandat de dépôt, ce qui est rare…

La garde à vue du policier n’intervient qu’à 18 heures, parce que nous avons annoncé un dépôt de plainte pour homicide, que la pression monte de toutes parts et que les premiers incidents ont eu lieu. Sans la vidéo, rien de tout cela ne serait arrivé. La nouveauté, c’est que tout le monde voit, et cela oblige la justice. Mais je constate que le deuxième policier n’a pas été placé en garde à vue, ni même été entendu avec le statut de témoin assisté. Et que l’enquête a été confiée au commissariat de Nanterre. S’il n’y a pas de dépaysement, il n’y aura jamais d’investigation objective dans ce dossier. Le décès de Nahel puis les émeutes ont eu lieu quasiment sous le bureau des juges, les policiers enquêteurs sont des policiers locaux.

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