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Le moment est venu de rompre avec la pratique du paternalisme envers les Africains et de laisser ces pays exercer leur libre arbitre

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Une série de coups d’État militaires ont éclaté au Burkina Faso, en Guinée, au Mali et, en juillet, au Niger. Les pays occidentaux, dirigés par la France et les États-Unis, sont vent debout et perçoivent le renversement au Niger comme celui de trop : les deux pays ont suspendu leur aide au développement à destination du pays ; ils ont également soutenu l’idée d’une intervention militaire potentielle de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), même si les États-Unis semblent reculer sur le sujet.

Lire aussi la tribune : Niger : la Cedeao se réunit au Ghana pour discuter d’une éventuelle intervention armée

La perspective d’une intervention militaire et de sanctions a mis en colère la jeunesse du Niger et des pays voisins – rappelons que 40 % de la population en Afrique est âgée de 15 ans ou moins. En ce sens, le soutien de la population locale aux coups d’État est davantage une posture anti-occidentale qu’un vote de confiance en faveur du régime militaire.

En effet, sur le continent, les médias sociaux sont pétris d’une rhétorique similaire. Les appels au retrait immédiat de la présence militaire étrangère ainsi que du franc CFA – qui cristallise les ressentiments – sont devenus viraux. En retour, des commentateurs occidentaux ont dénoncé la propagande russe visant à alimenter ce ressentiment : cette dernière joue certainement un rôle, mais c’est bien l’émergence d’une nouvelle génération d’Africains véhémente et nationaliste – ainsi que panafricaniste, faisant écho au sentiment qui prévalait au début des indépendances – qui permet d’expliquer la réaction contre l’influence occidentale. Celle-ci, à leurs yeux, “retient” le continent.

Marge de manœuvre limitée

C’est ce qu’a exprimé Ibrahim Traoré, le jeune capitaine et président par intérim du Burkina Faso, en déclarant lors du sommet Russie-Afrique de juillet que sa génération se demandait pourquoi son continent était économiquement si pauvre tout en étant si riche en ressources naturelles. Il a blâmé l’impérialisme de l’Occident et les nombreux dirigeants africains qui se tournent généralement vers lui pour obtenir de l’aide. Pour le capitaine, il est temps pour l’Afrique de prendre son destin en main et de chercher de nouveaux partenariats pour se développer. Ce message a conquis les jeunes du Burkina Faso, et, à la suite de sa déclaration, Ibrahim Traoré a été reçu en héros.

Lire aussi la tribune : Article réservé à nos abonnés Coup d’État au Niger : “Au Sahel, tout miser sur les emprises militaires ne constitue pas une politique viable”

Les pays africains ont pourtant obtenu leur indépendance il y a plus de soixante ans. Les Occidentaux pourraient donc faire valoir qu’ils n’ont pas grand-chose à voir avec cette situation. Outre la persistance de l’héritage colonial sur lequel on pourrait argumenter sans fin, il faut comprendre pourquoi la marge de manœuvre des pays africains sur leur destin est perçue comme si limitée. Etudier la nature entrelacée des transformations politiques et économiques à l’œuvre depuis les indépendances peut aider à expliquer la situation.

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