Quelle élite serons nous ?

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Je lis assez souvent des commentaires sur la « crise de gouvernance » qui est surtout la crise d’une gestion calamiteuse par une ‘élite » incompétente et irresponsable au Mali.

Je souscris pleinement à ce constat, et je pense qu’il est valable pour beaucoup de secteurs.

Au Mali, il est de tradition que les responsables  s’en mettent plein les poches, financièrement et symboliquement, et partent en retraite (payée par nous) au moment où tout s’écroule.

Ils ont géré ce pays pour eux, sans vraie vision, sans la moindre croyance en quelque chose.

Quasiment une génération nihiliste, qui a habillé le vide de sa pensée, du moins au début, par des théories fumeuses , toutes plus inapplicables et délirantes les unes que les autres.

Et puis dans les années 2000, ils n’ont plus cherché à cacher cela, et l’ont même valorisé dans un culte indécent de la réussite économique. Que nous laissent-ils ? Un champ de ruine économique, un pays en guerre, un pays sous tutelle, mais surtout un vide intellectuel et moral abyssal !

Mais plutôt que passer notre temps à nous lamenter, il faut construire ce que sera la nouvelle société Malienne dans les 30 ans qui viennent, car nous arrivons au pouvoir, par la force des choses et de la biologie du vieillissement de nos aînés.

Que voulons nous, pourquoi vivons nous ?

Ces questions, nos aînés n’ont pas su y répondre car ils ont été les premiers à vivre dans une période réellement en paix, sans menace de guerre, sans famine, sans épidémie. Avant, la réponse était assez simple : survivre. Mais une fois que c’est acquis, que fait-on ?

Je dois vous avouer que ce n’est pas gagné !

Certes, nous avons des exemples de ce qu’il ne faut pas faire, des impasses dans lesquelles se sont fourvoyés nos aînés.

Nous connaissons aussi la menace que représente le vide idéologique et moral, car la nature a horreur du vide.

On ne peut donc pas rester à rien faire, du moins quand « l’idéologie par défaut » ne nous apparait pas acceptable en totalité ou en partie.

C’est bien beau de baver sur nos aînés, mais serons nous capables de faire mieux ?

 

Séga DIARRAH

Président du Collectif BI-TON

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