Du travail pour les Maliens

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emploisLe travail est tout à la fois un impératif social et une nécessité individuelle.

Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, les pays qui réussissent le mieux dans la bataille économique sont aussi ceux qui honorent le plus les vertus du travail et les valeurs qui s’y rattachent : la conscience, la rigueur, l’effort, la compétence.

A l’échelle des personnes, le travail se présente le plus souvent comme une nécessité vitale. Il assure en effet les revenus et donc la subsistance de chacun, mais, au-delà de cet aspect trivial, il joue un rôle psychologique irremplaçable.

N’est-ce pas lui qui donne aux hommes leur place dans la société ?

En cette époque matérialiste où les valeurs économiques l’emportent sur les autres, la reconnaissance sociale provient essentiellement de l’activité professionnelle, aussi le travail permet-il aux individus de se sentir utiles et d’être reconnus par les autres.

D’où la dimension tragique du chômage : celui qui perd son emploi se voit certes privé des revenus dont il a besoin pour vivre, mais, plus grave, il se sent comme dépossédé de sa fonction au service de la communauté.

Aussi le chômage est-il aujourd’hui l’un des phénomènes les plus destructeurs de notre société.

Ses effets sont évidemment économiques et sociaux, mais touchent également au plus profond des équilibres psychologiques entre l’homme et la nation à laquelle il appartient.

Non seulement il crée des désordres économiques en diminuant le nombre des personnes productives par rapport à celles qui ne le sont pas, mais il provoque une fracture sociale et culturelle en brisant l’harmonie des rapports entre les personnes et la société.

Ce phénomène funeste, qui ne se réduit donc pas à une simple réalité statistique et désincarnée, plonge ceux qu’il frappe dans la souffrance, une souffrance d’autant plus difficile à supporter qu’elle reste souvent secrète, comme inavouable.
Aussi, quand le taux de chômage devient très élevé, l’économie peut certes s’en trouver démantelée, mais, plus globalement, c’est la société toute entière qui peut en être disloquée, comme sous le coup d’une épidémie ravageuse.

Or c’est bien cette situation que le Mali connaît à ce jour : le chômage a créé une plaie béante qui paralyse et affaiblit tout le corps social de notre pays.
 Le drame du chômage prend une dimension considérable au Mali que rien jusqu’à présent n’a pu atténuer, les politiques menées à ce jour s’étant révélées totalement inopérantes.
Les gouvernements successifs,  n’ont en réalité jamais engagé efficacement le combat pour l’emploi.

Ils se sont contentés d’organiser, à grands frais et à grand tapage publicitaire, le traitement social du chômage en distribuant aux sinistrés suffisamment de stages  de toute sorte pour éviter l’explosion sociale, tout en s’efforçant de dissimuler le nombre réel de chômeurs.

Le seul but est de les faire disparaître des statistiques du chômage.

 Sur le fond, la classe politique n’a rien entrepris. Par veulerie et impuissance, elle fait sienne la version selon laquelle la destruction des emplois existants et l’incapacité de notre économie à créer suffisamment de postes nouveaux constitueraient une réalité incontournable qui s’impose aux pays comme une fatalité.

Bref, nos gouvernants ont traité les effets du chômage mais non les causes, ils ont donné de l’aspirine au malade pour faire tomber la fièvre, mais ne lui ont administré aucun antibiotique apte à combattre l’infection.
Aussi est-il urgent de mener enfin une vraie politique de l’emploi et de renouveau économique de la nation. A cet égard, il est possible de rétablir le plein emploi, à condition, bien sûr, de briser les tabous qui paralysent actuellement la classe politique.

Si l’on n’ose pas remettre en cause les importations de tout genre, examiner la question de l’emploi féminin, résoudre celle de la corruption, si l’on n’a pas le courage de s’attaquer au problème de l’Éducation nationale et du poids excessif de l’État, on ne jugulera jamais le chômage.

En revanche, si l’on accepte d’aborder toutes ces questions à partir du seul critère de l’intérêt national, il devient possible d’offrir dans un délai relativement bref un emploi à chaque Malien.

Lutte contre la corruption, réduction du nombre des demandeurs d’emploi, réformes de la formation, allégement massif des charges pesant sur les entreprises, les solutions pour résoudre le problème du chômage existent.

Il suffit, pour les mettre en œuvre, de sortir de l’enclos des conformismes et de rompre avec les dogmes et le fatalisme.

 

Le Président du Collectif BI-TON

Séga DIARRAH

diarrah.com

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