BI Mali (Le Mali d’aujourd’hui)

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sega-diarra-confLe Mali d’aujourd’hui est le pays de la reproduction sociale. Ca fait plus joli que népotisme, c’est plus discret aussi parce qu’il y a des « concours » qui permettent de blanchir le recasage généralisé.

Comment expliquez vous le nombre anormalement élevé de militants, parents et amis récrutés  dont l’un des parents ou amis est également proche du gouvernement ?

les  concours de recrutement au Mali, censés être si difficile et sélectifs demandent une grande intelligence. Enfin en principe. Cela voudrait donc dire que l’intelligence est héréditaire…

Dans le privé Malien, c’est pareil, mais je dirais presque que là, c’est différent, car si le chef d’entreprise fait un mauvais choix de recrutement en voulant pratiquer le népotisme direct (ou le népotisme par échangisme), il en paie le prix, alors que dans la fonction publique, c’est le contribuable Malien qui paie les pots cassés.

Et cela fonctionne à tous les niveaux. Qui n’a pas usé de ses relations, ou usé celle des autres pour trouver un stage, un job, une bourse d’étude, une recommendation ? Qui, parmi les personnes en situation de décider, n’a jamais rendu le moindre « service » en donnant la priorité à une personne « recommandée » ? C’est général !

Cette société Malienne a un problème, celui d’un manque de confiance qui génère une fermeture.

Au Mali, pays très déchiré et très conflictuel depuis 2012, on a du mal à faire confiance, à donner en se disant que lorsque son tour viendra, on recevra.

Cette confiance existe dans certains pays. Les règles sont là pour empêcher quelqu’un d’abuser de la confiance qui lui est faite spontanément, justement que cette confiance reste et que le système continue à fonctionner vertueusement.

On ne vous juge pas sur ce que vous êtes,mais sur ce que vous faites. On vous fait confiance, mais on vous demande aussi de faire vos preuves.

Au Mali, c’est très différent. Comme on ne fait pas confiance, on demande des références, des personnes qui peuvent se porter garantes de vous. Au premier rang, vous avez votre famille et vos relations ainsi que vos amis. Poids du « piston » voire du « népotisme », voilà le mode de fonctionnement du Mali.

Si problème il y a, c’est celui de la société Malienne, qui à des élites et des présidents à son image. Je le dis  toujours, on a les élus qu’on se donne ! Nous avons un hyperprésident, qui est hyper-à-l’image  du Mali. S’il avait été trop éloigné de nous, de ce que nous sommes réellement, nous ne l’aurions pas élu…

Personnellement, ce système Malien me dérange beaucoup. Mais il est très difficile d’être « minoritaire » et de ne pas s’appliquer les règles du jeu, au risque de prendre du retard sur les autres dans une compétition très rude.

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